Pourquoi je ne maigris pas ? Série complète

 

 

Focus dans cette série d'articles sur les hormones et la résistance à la perte de poids !

Vous trouverez ici la série complète que j'ai publié chez Mid et Plus sur l'année 2018.

Bonne lecture !

 

ÉPISODE 1 : LA THYROÏDE

 

Je vous propose de passer en revue avec vous les raisons pour lesquelles il arrive parfois qu’on ne maigrisse pas malgré des efforts alimentaires et de l’exercice régulier. Elles sont notamment hormonales et inflammatoires. Je vous propose de traiter ici la première des cinq : la thyroïde.

 
Et si vous étiez en hypothyroïdie ?

Nous avons toutes une amie que nous détestons secrètement… celle qui mange comme quatre sans prendre un gramme, alors que nous, rien qu’à regarder le plat, nous avons déjà pris 500 grammes ! La réponse à cette injustice tient en un seul mot : métabolisme. Il s’agit de la chaudière intérieure, la quantité d’énergie utilisée par nos cellules pour agir. Outre certains paramètres de naissance qui définissent notre métabolisme basal, le thermostat de cette chaudière est réglé par la thyroïde, cette petite glande en forme de papillon que l’on trouve sur la trachée, au milieu de la gorge. Ainsi, plus la thyroïde est active, plus le métabolisme est élevé, et plus on brûle de calories pour faire fonctionner nos cellules. Un constat général se profile aujourd’hui de plus en plus : malgré des bilans biologiques à priori normaux, de nombreuses personnes et principalement des femmes sont en hypothyroïdie fonctionnelle, c’est-à-dire que la thyroïde fonctionne au ralenti.

 
Les causes en sont nombreuses :

– Carences micronutritionnelles en iode, en sélénium, en protéines,
– Anémie (manque de fer, très fréquent chez les femmes),
– Inflammation intestinale,
– Dérèglements hormonaux,
– Faiblesse hépatique,
– Excès de fluor, etc.

Les signes de l’hypothyroïdie sont très fréquents : fatigabilité importante, sommeil prolongé, frilosité excessive, constipation, pâleur, maux de tête, vertiges, mains et pieds glacés, visage bouffi, perte d’appétit… et résistance à la perte de poids, voire prise de poids malgré une alimentation réduite. Donc au-delà de l’injustice héréditaire, si le métabolisme est ralenti, il y a peut-être une explication à aller chercher du côté thyroïdien.

 

Comment stimuler sa thyroïde sans excès ni danger ?

 

Réduire :
En alimentation, certaines substances sont dites « goitrogènes », c’est à dire qu’elles empêchent la fixation de l’iode nécessaire au bon fonctionnement de la glande thyroïde. Il peut être opportun de réduire la consommation :
– Des crucifères (toute la famille des choux, brocoli et leurs cousins brassicacés),
– Des produits à base de soja non fermentés (lait, yaourt, farine de soja),
– Des cacahuètes, manioc, patate douce, navets et radis.

 

Favoriser :
On favorise à l’inverse les aliments riches en iode : produits de la mer, poissons, huîtres, algues marines. L’algue Fucus Vesiculosus peut être prise en teinture mère ou en extrait fluide afin de doper légèrement la glande. Sur conseil d’un professionnel, une supplémentation en L-Tyrosine peut être envisagée afin d’augmenter l’apport en acides aminés pour synthétiser l’hormone thyroïdienne. Enfin, un soutien hépatique est aussi nécessaire afin d’augmenter sa capacité de détoxification et permettre la relance du métabolisme basal.

Car au-delà des résultats sur la silhouette, c’est un vrai regain d’énergie que l’on va ressentir ! Veillez à vous faire accompagner par un professionnel de santé, les mécanismes hormonaux sont délicats et ne s’improvisent pas seule chez soi…

 

 

 

ÉPISODE 2 : L'INSULINE

 

Nous avons vu dans notre article précédent le rôle de la glande thyroïde dans la régulation du métabolisme et dans une éventuelle résistance à la perte de poids. Nous allons nous pencher cette fois sur un autre mécanisme hormonal, celui de l’insuline, tout aussi crucial dans la régulation métabolique.

 
De quoi s’agit il ?
 

L’insuline est une hormone sécrétée par le pancréas qui a une double fonction de sécrétion. Exocrine d’abord, avec la production des enzymes digestives essentielles à notre métabolisme et à l’assimilation de ce que l’on mange.

 

C’est la fonction endocrine, ou hormonale, qui nous intéresse ici. L’insuline (et son associée l’hormone glucagon) sont sécrétées lorsque la présence de sucres est détectée dans le bol alimentaire, ce qui fait monter le taux de glucose du sang. L’insuline a pour rôle de faire redescendre la glycémie en faisant rentrer le sucre dans les cellules, autrement dit l’insuline permet l’assimilation du sucre dans le corps.

 

 

 

 

 

 

♦ Plus je consomme de sucre, plus j’augmente la sécrétion d’insuline.
♦ Plus je sécrète d’insuline, et plus je stocke dans mes cellules (surtout si elles ne dépensent pas tout ce glucose en énergie…).  Si de plus j’ai du glucose en excès, les cellules le convertissent en gras en créant une cellule graisseuse, une adipocyte.
♦ Plus l’insuline monte haut, plus elle me fait alors basculer en hypoglycémie réactionnelle en redescendant, état où j’ai envie de remanger du sucre.

 

En résumé, il est impossible de maigrir lorsque l’insuline est instable. Pour perdre du poids, il faut que l’insuline soit basse. La prise de poids due à l’insuline est caractérisée par les fameuses poignées d’amour désespérément tenaces malgré les heures assidues de gainage.

 
Comment agir ?

♠ Retirer de l’alimentation tous les aliments ayant un index glycémique et insulinique élevé, c’est-à-dire impactant fortement la quantité d’insuline qu’ils vont générer pour être digérés. Par exemple, les sodas, les bonbons, les aliments raffinés à base de sucre blanc et farine blanche, les fruits très mûrs, le riz blanc trop cuit…¹

♠ Éviter les aliments de régime faux-amis qui font grimper l’insuline : les yaourts 0% sucrés, les galettes de riz soufflé, le café (fait monter la glycémie par libération du sucre dans le foie) ou encore l’alcool (bourré de sucre !).

♥ Favoriser la dissociation alimentaire en ne combinant pas les féculents avec les protéines (animales ou végétales) au cours d’un même repas. Diminuer les féculents de façon générale, surtout issus de céréales.

♥ Utiliser sur conseil d’un naturopathe certaines plantes hypoglycémiantes sur une courte durée : le Garcinia Cambogia, la Cannelle, la Bardane, les feuilles de Mûrier noir. Certains micro nutriments comme le Chrome et le Zinc permettent de potentialiser l’action de l’insuline et donc d’en diminuer la quantité sécrétée.

 

Et n’oublions pas que réguler sa production d’insuline permet de préserver le pancréas, d’éviter que les cellules deviennent résistantes à l’insuline, donc in fine de faire une prévention efficace contre le diabète de type 2. Associée à une activité physique quotidienne, une alimentation très réduite en sucres permet de perdre du poids efficacement.

 

 

ÉPISODE 3 : LE CORTISOL

 

 

Dans notre série¹ consacrée au rôle des métabolismes hormonaux dans la résistance à la perte de poids, voici un chapitre essentiel, l’impact du stress et du cortisol.

 
De quoi s’agit il ?

 

Hormone de l’adaptation au stress, le cortisol est produit par la glande surrénale, sorte de petit chapeau au dessus du rein. Lorsque le corps est soumis à un facteur de stress, une blessure, un bruit, le froid, mais aussi un régime trop restrictif, le système neuro-endocrinien va générer une réponse adaptative. C’est ce qui va permettre in fine la restauration de l’équilibre au sein du corps, qu’on nomme l’homéostasie².

 

A l’origine, le cortisol est une hormone anti-inflammatoire.

Lorsqu’un stress est chronique, ce qui est le cas de l’immense majorité des gens qui travaillent et vivent en milieu urbanisé, le niveau de cortisol a tendance à monter de façon excessive. Irritabilité, fatigue, sensation de faim permanente, insomnie, envie forte de sucre sont autant de signes qui indiquent un cortisol trop haut.

 

Toute personne ayant un jour pris de la cortisone (cortisol de synthèse anti inflammatoire) a constaté que cette molécule fait gonfler. C’est la même chose avec le cortisol naturel.

Le gros défaut du cortisol qui nous intéresse ici, c’est qu’il favorise la rétention hydro-sodée et la fabrication de graisse abdominale. Autrement dit, on retient l’eau et on prend du ventre, même si on fait deux heures de pilates tous les matins. ET plus on fait de régime restrictif « dur », plus on augmente le niveau de stress pour le corps, donc de cortisol…

 

Un schéma d’échec de perte de poids s’installe, avec en outre une très grosse fatigue, de l’anémie et de la déminéralisation à la clé.

 

 
 
 
Agir
  • Stopper la hausse du niveau de cortisol en limitant les excitants : le café, le thé, le chocolat, les boissons énergisantes, la cigarette, l’alcool.

  • Réduire les sucres de façon générale, ne conserver que les fruits et les céréales complètes à index glycémique bas comme le riz complet, le quinoa, le sarrasin.

  • Augmenter les protéines de bonne qualité : oeufs biologiques, viande blanche, poissons, tofu, légumineuses.

  • Prendre un petit déjeuner protéiné.

  • Favoriser des aliments dynamisants de la surrénale : algues marines (telles que wakamé, kombu, dulse), soupe miso, haricots rouges azukis.

  • Diminuer le sel en général.

Enfin, un travail complet sur l’intestin est à prévoir avec un naturopathe afin de réguler le phénomène inflammatoire systématiquement associé à un excès de cortisol.

Favoriser des activités physiques relaxantes plutôt que cardio car des efforts trop intenses font monter le cortisol. On opte donc pour le Yoga, le Pilates, la méthode Feldenkrais… 

Certaines plantes comme la Rhodiole ou l’Éleuthérocoque sont dites adaptogènes, c’est à dire qu’elles vont moduler l’excès de cortisol tout en favorisant la réponse adaptative de l’organisme.

 

Et n’oublions pas que le stress peut être un facteur d’évolution positive, porteur de changement de niveau de conscience. Soyons à l’écoute de nous-mêmes !

 

 

 

ÉPISODE 4 : LES OESTROGÈNES

 

Dans notre série consacrée au rôle des métabolismes hormonaux dans la résistance à la perte de poids, nous allons parler cette semaine des hormones sexuelles féminines, oestrogènes et progestérone, grandes classiques de la résistance à la perte de poids, en première ligne dès qu’il s’agit de trouver des responsables !

Comment rétablir l’équilibre et relancer le métabolisme ?

 
De quoi s’agit-il ?

 

Les oestrogènes sont essentielles à la construction et au maintien de la féminité du corps. Elles orchestrent les cycles avec la progestérone et organisent la répartition du tissu adipeux sous-cutané. Les femmes ayant des excès d’oestrogènes ont une silhouette typique qu’on nomme gynoïde (buste plutôt mince et hanches arrondies). Elles souffrent facilement de rétention d’eau, notamment dans les jambes et sur le ventre, avec une tendance à faire de la cellulite. 

 

La progestérone participe à la régulation du poids en stimulant l’activité de la thyroïde et la libido. Ce qui revient à dire qu’elle nous donne l’envie d’être active, ce qui est bon pour le moral et notre vie en général. Son insuffisance peut aussi favoriser la prise de poids. 

À la ménopause, l’arrêt progressif de la production d’hormones entraîne chez beaucoup de femmes une prise de poids autour du ventre. Malgré le désamour dont elles souffrent, ces cellules adipeuses ont une utilité, car ce sont elles qui vont fabriquer des oestrogènes à la place des ovaires. 

 

La clé d’un poids stable repose sur l’équilibre entre les hormones.

 
Pourquoi constate-t-on actuellement de forts excès d’oestrogènes ?

-La présence importante de perturbateurs endocriniens dans l’environnement (produits d’entretien, cosmétiques, plastiques, pesticides, conservateurs et additifs alimentaires).
-Les faiblesses hépatiques (mauvaise detox, alimentation trop riche en sucres et graisses, alcool, stress).
-Usage courant des traitements substitutifs hormonaux et de la pilule contraceptive (une pilule équivaut à 40 fois la dose physiologique produite « normalement » par le corps).

 

 

 
 
Agir
 

♥On bichonne son foie : quel que soit son âge, avoir un foie qui fonctionne bien est une garantie d’un bon équilibre. On réajuste l’alimentation en réduisant les acides comme le blé, les laitages animaux, la charcuterie et le café. On réduit sa consommation d’alcool, on boit un petit citron pressé à l’eau chaude le matin et, pourquoi pas, une petite cure de romarin, d’artichaut ou de radis noir pendant trois semaines.
 

♠On réduit son exposition aux oestrogènes : faites le choix du biologique en alimentation, cosmétiques et produits d’entretien. La consommation d’aliments riches en phyto oestrogènes (soja, houblon, lin) fait largement débat à propos de son action régulatrice des oestrogènes physiologiques. Aussi elle est à adapter à chaque cas particulier.
 

♣On envisage une autre méthode de contraception que la pilule : n’hésitez pas à en parler avec votre gynécologue, bien d’autres solutions existent !
 

♣Idem si vous êtes en périménopause ou déjà ménopausée : il existe de nombreuses alternatives de phytothérapie aux traitements substitutifs hormonaux afin de vous aider à réajuster la situation.
 

♦On draine l’excès d’eau : en réduisant le sel et en faisant des décoctions de reine des prés ou de queues de cerises. Le nec plus ultra du drainage ? Des soins à la ventouse et aux huiles essentielles chez votre naturopathe, petites merveilles de la médecine chinoise qui sauront venir à bout des capitons rebelles !

 

 

ÉPISODE 5 : L'INFLAMMATION

 

Après avoir exploré la thyroïde, l’insuline, le cortisol et les oestrogènes, nous nous penchons aujourd’hui sur l’outsider du groupe, l’inflammation, dans ce dernier article de notre opus sur les mécanismes hormonaux bloquant le métabolisme et pouvant empêcher de maigrir. 

 

 

 
De quoi s’agit il ?

 

L’inflammation est comme la condition sine qua none pour qu’un dérèglement se mette en place. Pas de déséquilibre hormonal sans un terrain inflammé derrière. À l’origine, l’inflammation est produite par le système immunitaire, c’est un mécanisme de défense contre un agresseur extérieur : écharde, bactérie, virus.

Le problème aujourd’hui est l’état d’hyper-inflammation permanente qu’on retrouve chez de nombreuses personnes, et souvent complètement ignoré en tant que tel. Les personnes consultent pour des problèmes digestifs, des douleurs ostéo-articulaires, des problèmes de sommeil, des cystites chroniques… mais ne font pas le lien entre toutes ces pathologies.

 

Elles ont toutes un point commun, l’inflammation de bas grade, qu’on nomme acidose en naturopathie.

 
Tout démarre dans l’intestin

 

L’état du système digestif est une sorte de préalable à votre santé globale. Quand l’intestin va, tout va ou presque. J’assimile correctement, mes cellules ont les moyens de fonctionner et j’élimine correctement mes déchets. Lorsque l’intestin est irrité (notamment le grêle, responsable de l’assimilation du bol alimentaire), je vais alors produire des molécules pro inflammatoires qui viennent perturber le métabolisme. Par exemple, l’inflammation a tendance à faire grimper le taux d’insuline, ce qui ne favorise pas la perte de poids comme nous l’avons déjà vu. De même, l’inflammation des parois de l’intestin peut conduire à déclencher des intolérances alimentaires et induire de la prise de poids par réaction inflammatoire. Une flore intestinale mal équilibrée conduit en général à une forte résistance à la perte de poids, notamment pour toute la graisse viscérale et abdominale. Enfin, le tissu adipeux est rempli de globules blancs, ce qui génère davantage d’inflammation lorsqu’il se développe.

 

Le surpoids est aujourd’hui considéré comme une pathologie d’inflammation majeure chronique

 
Agir
 

♦ Commencer par adopter une alimentation anti inflammatoire :

  • Dire adieu aux produits industriels transformés : plats préparés bourrés de sucre et de sel, sauces à l’amidon modifié, gâteaux industriels aux sucres raffinés, chocolats d’usines au sirop de blé, confiseries aux couleurs flashy, pizzas surgelées, viennoiseries sous vide à l’huile hydrogénée…

  • Éviter les cacahuètes, les noix de cajou, l’huile de palme, l’huile d’arachide, la tomate et le vinaigre.

  • Limiter la consommation de yaourts et desserts lactés.

  • Diminuer la consommation de blé et de céréales en général.

  • Favoriser les légumes frais et locaux, les fruits biologiques de saison, les aliments antioxydants (thé vert, curcuma, myrtille, tout ce qui est cru et coloré), les protéines de qualité, les féculents non céréaliers (patate douce par exemple).

  • Augmenter les sources d’oméga 3 : graines de lin, huile de colza, sardines, maquereaux, pourpier, noix.

♦ Si rien n’évolue :

  • Envisager une cure de curcuma biodisponible pour faire baisser l’inflammation systémique.

  • Donner un coup de pouce au système immunitaire avec l’huile essentielle d’origan et des plantes comme l’Astragale ou la Griffe du Chat.

  • Réparer l’intestin avec de la L-Glutamine.

  • Vérifier d’éventuelles intolérances alimentaires avec un bilan en laboratoire.

Ces dernières mesures ne s’improvisant pas seule à la maison, demandez conseil auprès d’un naturopathe ou tout autre praticien de santé habilité.

 

Je vous souhaite un bel été à toutes et aurai plaisir à vous retrouver à la rentrée pour d’autres conseils. Prenez-soin de vous !

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